Archives pour la catégorie Transgéniques

Les Suisses essaient la pomme de terre transgénique résistante au mildiou

Un essai va être organisé en Suisse sur des pommes de terre résistantes au mildiou. Le même type d’essai que ceux organisés en Belgique. Sauf erreur, jamais les résultats des essais belges n’ont été publiés aloes qu’un essai a pour but d’accroître nos connaissances et que ces essais ont été organisé par une structure publique, le VIB.

Pour mieux comprendre l’enjeu, une très intéressante interview de Jean-Louis Rolot sur la Radio suisse. Très documentée et pédagogique, elle permet de comprendre les enjeux même si la question du choix des trajectoires n’est pas discutée en profondeur. Le mode de culture actuelle de la pomme de terre, sur des surfaces toujours plus grandes et pilotée par les besoins de l’industrie est-il le seul possible ? Comment aider le développement de filières alternatives en circuit court ou en bio ? N’est-ce pas aussi une question de choix variétal et de financement de la recherche ? Questions en suspens.

Des éléments de réponse dans le mémoire de Simon Yzerbit mais il reste beaucoup de pistes à explorer.

A noter que, selon la législation européenne, les plantes cis-géniques obéissent aux mêmes réglementations que les plantes transgéniques. Les plantes cis-géniques sont une forme particulière de plantes transgéniques, elles ne sont pas obtenues par un processus classique de sélection et les risques liés à l’utilisation de la transgénèse restent toujours incertains.

En savoir plus sur les risques liés aux plantes trangéniques :

La question de la toxicité des plantes transgéniques reste sans réponse

Au Bar d’Europe, autour des OGM

Mise au point d’une méthodologie d’évaluation des possibles impacts agronomiques et socio‐ économiques des cultures transgéniques sur les systèmes agraires et les filières agro‐alimentaires

Un rapport réalisé en novembre 2015. Il constitue une première approche d’une étude concrète et systémiques des impacts agronomiques de la mise en culture de plantes transgéniques.

Version pdf : 8074409_fr

Les trente ans du VIB

Le 12 novembre 2013,  le VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie) célebrait les 30 Years of Plant Biotechnology au cours d’un symposium « celebrating the achievements of agrobiotechnology ». A cette occasion, un contre événement était organisé au cours duquel cette vidéo a été diffusée.

Sur le même sujet : Un article du Monde qui bouge par Marc Litt

Voir aussi l’émission Panorama sur Canvas sur les OGM

OGM et nucléaire : une même vision de la communication ?

La logique de communication Monsanto quand ils ont décidé de l’abandon des mises en culture d’OGM en Belgique n’était pas facile à comprendre (Monsanto, quelle pertinence ?). Même si le parallèle n’est pas parfait, il est intéressant d’écouter le reportage de Pascale Pascariello  sur la centrale nucléaire EPR de Flamanville pour entrer dans la peau de ces grands groupes industriels. On y découvre des modes de communication et un arbitrage des priorités qui font un peu froid dans le dos. Comme si une logique de justification primait sur toute autre motivation ? Comme si une fois le projet démarré, on était obligé de se lancer dans une fuite en avant sans pouvoir remettre le projet en débat.

Bientôt un nouvel essai peuplier en Belgique ?

Sans qu’il y ait eu ni délibération, ni consensus, ni vote, (1) le Conseil belge de Biosécurité vient d’émettre un avis favorable  B/BE/13/V1 pour un essai de peupliers transgéniques en Flandres.

Cette construction génétique viole les règles de la directive 2001/18 sur l’élimination des gènes de résistance aux antibiotiques comme marqueurs. Ces outils pour lesquels il existe des alternatives doivent être éliminés des essais depuis le 31 décembre 2008 (2001/18 article 4 § 2).

De plus, l’évaluation présentée par le notifiant est partielle et partiale. Partielle car elle n’envisage qu’une petite partie des conséquences sur les organismes non cibles. Partiale car, sans donner aucune information quantitative, sans aucun réel calcul de risque, elle conclut au caractère négligeable ou improbable de risque. Continuer la lecture

Monsanto et les OGM : quelle pertinence ?

Ce 18 juillet 2013, Monsanto a décidé de retirer ses demandes sur la mise en culture de plantes transgéniques en Europe à l’exception du maïs MON 810. Présenter comme un événement en réaction à l’attitude négative des Européens vis-à-vis des plantes transgénique, il ne s’agit en fait qu’un effet de communication sans substance. J’en parle avec la Libre Belgique (version pdf : 130719_LaLibre_Monsanto).

Voir aussi l’ensemble du dossier OGM sur le site.

Cet abandon des cultures OGM par Monsanto, c’est un changement de stratégie radical ?

Pour moi, ils n’abandonnent pas grand-chose. En Europe, les agriculteurs qui utilisent des semences OGM Monsanto (par exemple qui résistent aux insectes, comme le MON810), c’est un phénomène marginal, limité à l’Espagne et au Portugal. Cela concerne environ 67 000 hectares en Espagne, et 4 500 au Portugal. Les semences OGM, dont la majorité viennent de Monsanto, poussent sur 170 millions d’hectares dans le monde… Plutôt qu’un changement de stratégie, c’est une opération de com’. Les OGM que Monsanto produit ont peu d’intérêt pour les agriculteurs européens. En fait, Monsanto proposait des produits inadaptés à l’agriculture européenne et la probabilité de faire monter les ventes était illusoire. Elle vend en Europe le produit qu’elle vend aux Etats-Unis, prévu pour des monocultures à grande échelle. Et ça ne risquait pas de changer.

Monsanto se concentrera sur l’importation. Une surprise ? 

Non. En fait, ils feront ce qu’ils font déjà. L’essentiel de leur chiffre, c’est déjà l’importation d’aliments pour bétail (soja, maïs et coton transgéniques). Comme pour la mise en culture, il faut une autorisation de l’Europe pour importer des produits contenant des OGM. Mais dans tous les cas, quand une demande a été introduite, l’autorisation européenne, que ce soit pour la culture ou l’importation, a été donnée. Les dossiers européens sont peut-être complexes, mais en bout de course, l’autorisation arrive.

Cette annonce signifie qu’il y aura davantage d’OGM en Europe ?

A priori, non. La nourriture pour animaux (maïs et soja) importée en Europe, est déjà essentiellement OGM. Même si aucun étiquetage ne le précise quand on achète la viande. Et quand aux aliments OGM conçus directement pour notre assiette, il y a peu de demandes d’autorisation actuellement (pour une mise sur le marché dans trois ou quatre ans). Il n’y a pas d’indications qu’il faille s’attendre à une augmentation. Pour les aliments consommés directement, il y a une obligation d’étiquetage et donc l’image des distributeurs peut aussi être en jeu. Le rapport coût/bénéfice pour un aliment direct est défavorable. Peut-être y aura-t-il un changement si les OGM apportent une caractéristique particulière (bon pour la santé…) à une nourriture. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas. Les bénéfices des OGM ne concernent que les plus gros agriculteurs. (So. De.)