Table ronde au Salon de Paris

Une table ronde animée au Salon de l’Agriculture à Paris. L’occasion de préciser les différences en agriculture écologiquement intensive et agroécologie avec Michel Griffon.

A écouter ici (c’est la conférence du vendredi)

Cours au Collège Belgique sur la situation agricole et alimentaire mondiale

Deux cours seront prochainement organisés au Palais des Académies à Bruxelles dans le cadre du Collège Belgique.

Le premier cours aura lieu le 4 mars à 17 h et  sera donné par Bernard Chevassus-au-Louis (AgroParisTech) et Philippe Baret (UCL). Il portera sur « Agriculture conventionnelle, agroécologie, agriculture écologiquement intensive : comparaison des pratiques et des impacts environnementaux. Efficacité des réponses apportées aux besoins nutritionnels. »

Le second cours au lieu le 12 mars à 17 et sera donné par  Laurence Roudart (ULB). Il portera sur « La situation agricole et alimentaire mondiale :perspectives démographiques, écologiques, sociales et économiques. Nouveaux enjeux pour le XXIe siècle. »

Contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, Olivier De Schutter ne pourra pas participer à la seconde leçon.

Le faux procès de l’agriculture biologique

Nourrir la planète, telle est la mission que se donne souvent le monde agricole. Mais pas à n’importe quel prix. Depuis plus d’un siècle, des agriculteurs ont adapté leurs pratiques pour respecter les cycles naturels, leur santé et la santé des consommateurs et des citoyens. Cette agriculture biologique est aujourd’hui au cœur d’une controverse au sein de l’INRA. Cette institution est impliquée dans une série de réflexions sur le futur des systèmes alimentaires et, dans ce cadre, un rapport a été produit sur l’agriculture biologique[1]. Un rapport scientifique ? C’est bien cela qui fait débat. Loin d’établir un bilan objectif du potentiel de l’agriculture biologique, il en est fait le procès sur base d’une approche essentiellement économique et d’une utilisation discutable et partiale des sources.

Pendant des décennies, l’approche de l’agriculture biologique a peu intéressé le milieu scientifique. Des chercheurs motivés ont, avec de très faibles moyens, apporté leur contribution mais la lutte était clairement inégale entre les millions d’euros prodigués aux approches conventionnelles et biotechnologiques et les miettes laissées aux visions alternatives. Quand aujourd’hui, politiques, consommateurs, citoyens et quelques scientifiques se tournent vers ces alternatives pour interroger leur potentiel face aux enjeux que  rencontre l’agriculture du XXème siècle, on retourne l’argument. L’agriculture biologique n’aurait pas de potentiel car elle n’a pas été investie par la science. On l’a peu étudié, on la connaît mal et donc, elle n’a pas fait ses preuves. Sous des dehors scientifiques et rigoureux, ce type de discours est un des verrouillages qui empêchent nos sociétés de tracer leur chemin vers une nécessaire transition. Au lieu de constater le déséquilibre de moyens mis dans les différentes trajectoires de développement, on joue au faux naïf en les comparant sur le même pied et on aboutit, avec un naturel déconcertant, au constat que la trajectoire dominante est mieux connue et est plus efficace que la voie alternative. Un peu comme si on mettait en compétition une Formule 1 et un vélo sur un circuit automobile. Que le bio ait été peu investi par la science, c’est le problème, pas le résultat. Ce serait aujourd’hui plus à la recherche agronomique française de s’interroger sur ses choix stratégiques plutôt que de toiser un secteur qui a fait ses preuves par lui-même. Et ce, d’autant plus que pour réfléchir à une vraie transition, la science se doit d’adopter des outils et des postures pertinentes. S’arrêter à des indicateurs comme le rendement ou la marge brute n’est pas à la hauteur des enjeux environnementaux, économiques et sociaux auxquels l’agriculture conventionnelle peine à trouver une réponse. Une approche multicritères et plus holistique s’impose, qui permettrait de comprendre la balance entre les bénéfices d’une approche maniaquement productiviste et les conséquences négatives en termes d’emploi, de santé et d’environnement. La double performance, la compétitivité ne sont pas des slogans, elles demandent rigueur et ouverture dans l’exploration des possibles. C’est cette rigueur qui est demandée aux scientifiques dans l’examen des différentes alternatives : une capacité à intégrer différents critères et différentes formes de connaissances.

Quand un collectif de plus de cent vingt chercheurs demande le retrait d’un rapport, une vraie inquiétude se fait jour. La vision monolitihique d’une science unique et positive se fissure. Et c’est une bonne nouvelle. Que le monde scientifique soit lieu de débat est tout à son honneur, c’est même son moteur premier. Ce débat, ouvert par la démarche critique de chercheurs exigeants, ne peut se construire dans la poursuite de cet affrontement inégal dans une arène trop étroite selon les règles du modèle dominant. Explorer le potentiel des trajectoires nouvelles qui s’ouvrent à l’agriculture et aux systèmes alimentaires demande une autre rigueur et un collectif qui mobilise une diversité de compétences et une ouverture à de nouveaux outils de mesure des impacts.

Ph Baret – 24 février 2014



[1] http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Rapport-Agricultures-hautes-performances

Agricultural innovation from above and from below : un nouvel article sur l’innovation agricole au Rwanda

Dans la revue African Affairs du mois de décembre 2013, un nouvel article avec Julie Van Damme et An Ansoms qui discute la tension entre innovation endogène et exogène dans les systèmes bananiers du Rwanda.

Texte complet : Agricultural innovation – Afr. Affairs – 2013

Ce papier est notamment cité dans un papier très interpellant paru dans Word Development : Green Revolution in Sub-Saharan Africa: Implications of Imposed Innovation for the Wellbeing of Rural Smallholders

Version pdf de ce papier : 1-s2.0-S0305750X15002302-main-1

Les services écosystémiques : les pièges de la valorisation monétaire

Un très bel article de Jean-Marie Harribey dans le Monde diplomatique de décembre 2013 sur les pièges de la valorisation des services écosystémiques pour déboucher sur une discussion plus large sur la question des richesses et des valeurs des sociétés contemporaines en référence à la pensée de Marx. Continuer la lecture de « Les services écosystémiques : les pièges de la valorisation monétaire »